Les livres de atelierpng, architecture

PNG est un atelier d’architecture créé en 2007 par Antoine (Pedro) Petit, Nicolas Debicki, Grichka Martinetti.

Nous travaillons entre deux sites : à Paris (75) où nous avons installé un atelier au cœur de la cité et à Voiron (38), aux portes du massif de la Chartreuse, où nous avons étendu notre atelier en zone rurale. Cette double implantation traduit notre approche : une continuité de l’ouvrage au paysage, une attention particulière à l’existant et toujours la valorisation des ressources locales.

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/ Une Brève histoire du temps, Stephen Hawking, édition Flammarion, Paris 1988

Nous menons notre vie quotidienne sans presque rien comprendre au monde qui est le nôtre. Nous accordons peu de pensées à la machine qui engendre la lumière du Soleil, rendant ainsi la vie possible, à la gravité qui nous colle à une Terre qui, autrement, nous enverrait tournoyer dans l’espace, ou aux atomes dont nous sommes faits et dont la stabilité assure notre existence. [...] A l’exception des enfants (qui n’en savent pas assez long pour poser les questions importantes), peu d’entre nous passent beaucoup de temps à se demander pourquoi la nature est telle qu’elle est; d’où vient le cosmos ou s’il a toujours été là; si le temps fera un jour machine arrière et si les effets précéderont les causes ou s’il y a des limites extrêmes à la connaissance humaine.

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/ Animaux architectes, Juhanni Pallasmaa, édition GG, Barcelone 2020

«Le manque d’intérêt actuel pour le monde des constructions animales est surprenant, un monde qui est extrêmement varié et fascinant, surtout si l’on considère que déjà à la Renaissance, le barbier et chirurgien français Ambroise Paré (1510-1590) écrivait ce qui suit : «L’application et l’habileté avec lesquelles les animaux construisent leurs nids sont si fermes qu’il n’est pas possible de le faire mieux qu’eux, tant ils surpassent entièrement tous les maçons, charpentiers et tailleurs de pierre, car il n’y a pas d’homme capable de faire une maison mieux adaptée à leurs besoins et à ceux de leurs petits que celles que ces petits animaux construisent pour eux-mêmes. C’est tellement vrai que, comme le dit le proverbe, les hommes peuvent tout faire sauf « construire des nids."".

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/ Ubik, Philip K. Dick, ed. Doubleday, New York 1969

«Il pouvait voir le grand bâtiment jaune, écaillé, à la périphérie de son champ de vision. Mais quelque chose à son sujet lui paraissait étrange. Un miroitement, une instabilité, comme si le bâtiment s’avançait vers la stabilité pour aussitôt reculer dans une incertitude immatérielle. Une oscillation, chaque phase durant quelques secondes avant de se brouiller dans son contraire, une variabilité assez régulière comme si une pulsation organique animait la structure. Comme si, pensa-t-il, elle était vivante.»

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/ Artisan et inconnu, Soetsu Yanagi, édition l’Asiathèque, Paris 1992 - textes ré-edités et complétés dans Beauté du Mingei, éditions Picquier

«La question de la matière est essentielle. Un artisanat de qualité prend racine dans une nature riche. La nature regarde la qualité advenir. Car l’objet ne choisit pas sa matière, c’est la matière qui invite l’objet. C’est pourquoi l’artisanat a toujours une patrie. Si telles matières sont présentes dans un terroir, tel artisanat se développera nécessairement. Ce que prodigue la nature décide de l’artisanat. Un terroir, une matière, un savoir-faire, ces trois éléments sont indissociables.» La beauté de l’objet ordinaire, 1926

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/ La dimension cachée, Edward T. Hall, édition Points, Paris 1978

«Notre sentiment de l’espace résulte de la synthèse de nombreuses données sensorielles, d’ordre visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et thermique. Non seulement chaque sens constitue un système complexe (ainsi il existe douze modes d’appréhension visuelle de la profondeur), mais chacun d’entre eux est également modelé et structuré par la culture. On ne peut donc pas échapper au fait que des individus élevés au sein de cultures différentes vivent également dans des mondes sensoriels différents. C’est pourquoi l’étude de la culture au sens proxémique consiste à étudier l’usage que font les individus de leur appareil sensoriel selon leurs différents états affectifs, au cours d’activités ou de rapports humains variés, de même que dans des environnements divers. L’investigation d’un champ complexe et multi-dimensionnel comme celui de la proxémie déborde les possibilités d’une technique de recherche unique. La méthode utilisée devra donc être une fonction de l’aspect proxémique particulier envisagé à un moment déterminé. De façon générale je me suis, au cours de mes travaux, davantage attaché à la structure qu’au contenu, au « comment » qu’au « pourquoi ».»

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/ Peter Zumthor, Hiroshi Nakao, éditions A+U, février 1998 - textes sans les projets ré-edités dans Penser l’architecture, éditions Birkhäuser

«Je crois que, dans le contexte de l’objet architectural, les matériaux peuvent revêtir des qualités poétiques. Mais il faut pour cela créer, au sein de l’objet lui-même, un certain rapport de forme et de signification, parce que les matériaux ne sont intrinsèquement pas poétiques. Le sens qu’il s’agit d’instituer au coeur de la matérialité se situe au-delà des règles de composition, et de même la tactilité, l’odeur et I ‘expression acoustique des matériaux ne sont que des éléments de la langue dans laquelle nous devons parler. Le sens apparaît lorsqu’on réussit à produire dans L’objet architectural des significations propres pour certains matériaux de construction qui ne deviennent perceptibles de cette manière que dans cet objet. Lorsque nous tendons a ce but, nous devons constamment nous demander ce que peut signifier un matériau donne dans un contexte architectural donné. Des réponses justes à cette question peuvent laisser apparaître sous un jour nouveau aussi bien la manière dont ce matériau est utilisé habituellement que ses qualités sensuelles et sa capacite à produire du sens. Parvenus au but, nous pouvons donner résonance et rayonnement aux matériaux.»

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/ De l’oeuvre aux écrits, Alvar Aalto, livre établis par Göran Schildt, édition du Centre Pompidou, Paris 1993 - textes ré-edités et complétés dans La table Blanche et autres textes, éditions Parenthèses

«Pour ma part, quand j’ai un problème architectural à résoudre, je me heurte — presque sans exception — à un difficile obstacle, une sorte de « courage de trois heures du matin », qui résulte selon moi du poids écrasant de la nécessité, pour la création architecturale, d’intégrer d’innombrables éléments souvent contradictoires. […] Dans ce cas, je procède — plutôt involontairement — de la manière suivante. Une fois que l’atmosphère et les innombrables exigences du projet ont pénétré mon subconscient, j’oublie pour un certain temps cet amas de problèmes. J’adopte une méthode de travail qui ressemble beaucoup à de l’art abstrait. Je ne dessine que d’instinct, non pas des synthèses architecturales, mais des compositions parfois carrément enfantines, et il me vient peu à peu de cette manière, sur une base abstraite, une idée directrice, une sorte de substrat général permettant d’harmoniser les multiples éléments contradictoires du problème.» La truite et le ruisseau, 1947

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/ Carnet de travail, Renzo Piano, édition Seuil, Paris 1997

«Dans l’Antiquité, concevoir des projets signifiait aussi inventer les machines nécessaires à leur réalisation. Antonio Manetti raconte que Brunelleschi avait étudié le mécanisme de la pendule pour l’appliquer à un système de grands contrepoids : c’est ainsi qu’il put soulever les poutres du Dôme de Florence. Instrument et résultat étaient dans ce cas-là les fruits d’une même expérience, d’une même méthode. L’expérimentation n’est pas la simple exécution de l’oeuvre d’un autre, c’est une interprétation, et en tant que telle elle s’inscrit dans le processus de la création. Dans un travail circulaire, le geste technique apparaît au premier plan et reconquiert sa dignité. L’expérimentation permet de réunir l’idée et sa production matérielle. […] Tous les projets de mon Building Workshop ont obéi à une expérimentation de ce genre. Cette volonté de travailler non seulement au moyen de son esprit, mais aussi de ses mains, ne constitue pas un programme idéologique, comme on pourrait le croire, mais bien une façon de sauvegarder la liberté créatrice."

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/ Gardens of experience, Adam Caruso, éditions Designers of the futur, TU delft 2009

« Je souhaite aborder l’architecture du passé. Non pas par nostalgie, mais parce que je m’intéresse à la continuité culturelle. Je crois que se couper du passé, surtout lorsqu’on a la chance de travailler dans une discipline aussi ancienne et riche que l’architecture, revient à s’amputer les jambes avant d’aller courir. Nous vivons à une époque qui contribue à dévaloriser et à émousser notre sensibilité à ce qui a précédé. Les références aux architectures du passé sont importantes car elles véhiculent des valeurs particulièrement pertinentes pour la pratique contemporaine. « Valeur » est un mot difficile à cerner. Je ne suis pas un fondamentaliste qui pense que ce que je considère comme important est nécessairement ce que d’autres devraient considérer comme important. Je pense que nous vivons dans une société hétérogène et que nous pouvons en tirer un réel bénéfice. Mais cela ne signifie pas que nous devions accepter un relativisme total qui affirme que tout se vaut. C’est dans cette position, où tout est permis, que se situe aujourd’hui la pratique architecturale mondiale. Je suis peut-être un peu nostalgique. »